Séance #3 : le montage du film "Le virus et le pixel"

Séance #3 : le montage

Mars - Avril 2021

ODeL

Crèches départementales de la Seine-Saint-Denis
Périphérie // Imaginem // Philippe Troyon // Guillaume Lebel

Méthode de travail

Présences : Cécile Miroux - Marlène Laubier - Philippe Troyon - Guillaume Lebel

consultation : Maya Gratier - chercheuse // Myriam Lelion - directrice de crèche

Mars - Avril 2021

1/ Après avoir visionné attentivement et indexé les images et les sons de l’ODeL lors du confinement #1 (mars - avril - mai 2020) à la crèche Henri Barbusse à Romainville, les professionnelles (cinéastes au téléphone portable) ont discuté avec le chef monteur Guillaume Lebel pour imaginer une première trame du futur film.

2/ A Périphérie, Guillaume Lebel a dérushé toutes les images et les sons dans une salle de montage dédiée. [résidences]. Puis il a commencé à "agencer" les plans pour donner une première forme, une première version d’un film.

Temps de dérushage : 1 semaine
Temps de montage 1 : 1 semaine

Visionnage de la version 1

Avril 2021

Un premier visionnage s’est déroulé avec l’équipe dans la salle de montage. On visionne "l’ours". C’est à dire une version provisoire, un premier jet pour permettre au chef monteur de corriger, de donner une orientation définitive au film.

Nous avons pu ainsi "écrire" le récit de ce film au montage. Ce qui nous ait apparu, c’est qu’il fallait absolument ne pas perdre la chronologie des faits et de ne pas être tenté de "ré-écrire" l’histoire. NE RIEN N’OUBLIER du ressenti pendant cette période incroyable et unique du premier confinement.

Il y avait deux atmosphères importantes qui se dégageaient  :

1/ L’omniprésence des médias
2/ L’adaptation des lieux comme celui de la crèche à la pandémie

Temps de montage définitif : 2 semaines.

Petit à petit, au fur et à mesure du montage, s’est dégagé cette confrontation entre l’atmosphère sidérante du confinement #1 : silence - bruit médiatique - peur -angoisse et l’absolue nécessité d’accueillir les enfants des parents qui devaient travailler en milieu hospitalier.

Comment s’organiser ? Quel ressenti des enfants ? Quel ressenti des parents ? Quel ressenti des professionnelles.

Le geste spontané de filmer des séquences de vie et de travail dans ces conditions exceptionnelles, lancé par une directrice de crèche réquisitionnée, Marlène Laubier qui avait déjà mené dans sa crèche Anatole France un Observatoire Documentaire, est un acte de recherche anthropologique collectif. Elle a formé sur place plusieurs collègues.

Un petit groupe s’est formé in situ pour filmer des images et enregistrer des sons dans ce lieu de travail "improvisé".

Les plans se sont enchainés mais il manquait un maillon dans ce dispositif. Le regard extérieur. C’est pourquoi Philippe Troyon, cinéaste et concepteur des Observatoires Documentaires s’est proposé pour à l’autre bout de la chaine et de créer un "pont" entre les filmeuses de l’intérieur et le récepteur des images et des sons. Un échange permanent s’est ainsi créé par internet.

Il a fallu ressentir dans le film, ce lien intérieur-extérieur, cette réflexion partagée à la fois cinématographique et anthropologique.

Il s’est avéré qu’au fur et à mesure du montage tous ces éléments hétérogènes filmés au téléphone portable par chaque professionnelle a fini par aboutir à une forme finale.

Une dernière projection a été faite en présence des professionnelles des crèches ODeL dans la salle de projection de Périphérie.

Grand moment d’émotion : retrouver le ressenti initiale vécu lors du confinement #1 en mars 2020.

Ce corpus images et sons est strictement encadré par le droit à l’image. Les parents, les professionnelles, les enfants sont protégés par un document signé : "autorisation - droit à l’image" . Ces images et ces sons vont ensuite être conservés et classés aux Archives départementales de la Seine-Saint-Denis. C’est un acte mémoriel important.